décembre 3, 2022

La Com qui tue la communication à la Sonas

                       

Dans une vidéo réclame de la Société Nationale d’Assurance qui circule dans les réseaux sociaux congolais on voit une dame présentée comme Hélène Bomana Kilondo (Chef d’Agence Adjoint de la / Golf) livrer un message bouleversant à tous points de vue.

                         Dans cette vidéo de 40 secondes l’intervenante déclare exactement ceci : « …Je veux dire qu’avoir l’assurance de votre véhicule, c’est comme nous les chrétiens avons Jésus. Comme nous avons Jésus, nous avons l’assurance. On n’a pas peur .Même si ça vient la nuit, le matin, je sais que Jésus est là. Jésus va me soutenir. C’est comme avec l’assurance. Si quelqu’un achète son assurance. Il a maintenant l’assurance qu’il peut rouler sans avoir peur, sans crainte. C’est-à-dire il peut cogner, il peut tuer, la Sonas est là, par ce qu’il a son assurance et la Sonas prend… »

                          Même en fermant les yeux sur le côté rébarbatif de la syntaxe le public est aussitôt saisi par la crudité des propos jusqu’à se demander pour quel job description est payé le chargé de communication de cette institution majeure du portefeuille national.  A se demander l’impact réel des spécialistes en communication que nos prestigieuses universités déversent sur le marché de travail chaque année et en quantité. Qu’avons-nous donc fait au Bon Dieu pour mériter tout ça ? On dirait que la mort des paisibles citoyens dans des accidents divers ferait bien les affaires de la nationale des Assurances. Il ne manque que de peu qu’on se croit dans une séquence du  » Lotus bleu  » du belge Hergé quand le sympathique Didi voulait à tout prix sauver Tintin en lui coupant la tête en le poursuivant avec un sabre, et en criant derrière :  » Lao-Tseu l’a dit :  » Il faut trouver la voie !  » Moi, je l’ai trouvée. Il faut donc que vous la trouviez aussi. Je vais d’abord vous couper la tête. Ensuite, vous connaîtrez la vérité. Voyons, n’ayez pas peur… Il s’agit simplement de vous couper la tête. »

                             Alors que la première vidéo n’avait pas encore fini de remuer la toile, on voit circuler une note de sévères sanctions disciplinaires à l’endroit de notre communicante…Et, quelques heures après, c’est autre vidéo de la même dame, dans son même décor, mais avec un timbre ainsi qu’une mine battus pour re-délivrer le même message mais cette fois-ci en tout plat.  La dame y gomme toute allusion à Jésus si ce dernier serait puni de ne lui avoir pas épargné de la vague d’indignation qui aurait suivi la diffusion antérieure. Hélène Bomana  met cette fois-ci en avant sa carrière de « cadre à la Sonas avec une longue expérience de plus de dix ans dans la gestion des sinistres. »

                            Dans un contexte concurrentiel jamais ouvert comme avant  et en prise avec des nouveaux challengers du secteur dotés d’un arsenal communicationnel hi-tech nous voyons mal la Sonas s’en sortir quand elle continue encore de jouer à la baballe, en spéculant gauchement sur les symboles religieux et à force références au portrait du chef de l’Etat qui trône dans leurs bureaux un peu à la Big Brother’s watching tel que l’aurait raté George Orwell dans son 1984.

Nous savons bien que demain un autre sujet d’indignation collective émergera de la WebSphere congolaise et les mémoires courtes oublieront de si vite cette tuante bourde. Si la Sonas ne rectifie pas son tir et laisse aller sa com à vau-l’eau, mal lui en prendra. Ce n’est pas pour rien le peuple somme tout imposteur de laisser la fabrication de la chikwangue au peuple téké.

                            La Sonas est de l’argent du contribuable et  doit s’épargner d’énerver gratuitement l’opinion publique. Elle nous doit donc des excuses. Sous un autre angle, nous prions tous que demain les autorités de la Sonas fixe les uns et les autres que tout ce qui a été déversé dans l’espace public n’est que du draft qu’un régisseur de mauvais goût a par mégarde laissé fuiter.

                              Il n’est jamais tard pour mieux faire.

                                                                                                                Freddy Kabeya