août 18, 2022

Sécurité: le Conseil de sécurité sur la RDC, l’on se croirait à un remake des « Symphony for The Devil » des Rolling Stones

Ce jeudi 30 juin, à travers sa résolution 2641, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a renouvelé les sanctions imposées à la République démocratique du Congo. Sont ainsi renouvelés : l’embargo sur les ventes d’armes, l’interdiction de voyager et le gel des avoirs jusqu’au 1er juillet 2023.

Dix voix pour, aucune contre et cinq abstentions (Ghana, Gabon et Kenya, Chine et Russie), ont suffi à faire adopter la résolution.

Après ce vote, les réactions des abstentionnistes donnent plus d’éclairage sur les non-dits de ce dangereux jeux de redistributions des cartes sécuritaires de la planète entière.  

Le représentant de la Chine a eu à rappeler les propos tenus l’avant-veille par la Représentante spéciale du Secrétaire général en RDC, qui avait fait observer que le Mouvement du 23 mars (M23) disposait désormais des moyens d’une véritable armée et, jugeant cette situation inquiétante, a estimé que la RDC devait pouvoir se défendre.  Il a justifié son abstention par l’impossibilité du Conseil de parvenir à un accord acceptable et a estimé que le texte adopté allait placer les autorités congolaises dans une situation difficile, y compris vis-à-vis de leurs voisins, ce qui, finalement, pourrait nuire aux capacités de la RDC à trouver des solutions durables à l’insécurité dans l’est du pays.  

De son côté, la représentante de la Fédération de Russie a expliqué son abstention par le fait que les sanctions du Conseil devraient mieux refléter la situation « sur le terrain » et contribuer au processus politique, tout en étant régulièrement révisées et modifiées, jusqu’à leur suppression complète.  Elle s’en est ensuite prise de manière générale aux régimes de sanctions établis par le Conseil, estimant que bon nombre d’entre eux ne correspondent plus à la situation réelle, interfèrent avec les projets des gouvernements nationaux en matière de construction de l’État et de mise en place de forces armées et de structures de forces efficaces et ne servent plus qu’à exercer des pressions sur les gouvernements en place d’États souverains. Il faut aussi rappeler que c’est l’ex URSS qui en 1959 fait cadeau à l’ONU de la statue érigée devant le siège des Nations unies à New York. Tout un symbole.

Quant aux trois représentants africains, ils ont fait au mieux de leurs influences. Le Gabon trouve que le maintien partiel du dispositif de notification, est pour freiner la capacité de la RDC à contrer de manière rapide et efficace les activités des groupes armés lourdement équipés. Le Ghana lui trouve que l’exigence en matière d notification ne répond pas aux impératifs de paix en RDC. Le Kenya trouve que le libellé de la résolution ne répond pas à l’appel de la RDC concernant la levée totale de l’obligation de notification pour ce qui est des armes, de la formation et de l’assistance technique. 

Il faut dire que la résolution étend par ailleurs les motifs de sanctions de gels des avoirs, interdictions de voyage aux personnes et entités désignées par le Comité des sanctions sur la RDC qui ont participé à la production, à la fabrication ou à l’utilisation d’engins explosifs improvisés en RDC, ont commis ou préparé des attaques utilisant de tels engins, les ont commanditées, s’en sont rendues complices, y ont pris part ou les ont appuyées de quelque manière que ce soit. 

En plein 1968 politiquement agité, Mick Jagger des Rolling Stone avait osé signer Sympathy for the devil. Le reste ayant été laissé être géré par la polémique. Jusqu’à ce jour.

Cet air sonnerait faux dans le concert des nations, alors que les bourreaux de la RDC sont clairement identifiés. Plutôt une sympathie pour les bourreaux !

Il ne faut pas, par trop perpétuer le cynisme. Il meurt des innocents, sans sépultures et sans dignité. Les aphones survivants ne sont pas résignés, mais plutôt chargés de des souffles de ceux qui sont partis. Ils ne fichent leurs espoir et devenir qu’en la justice et aux décisions éclairées qui peuvent tout réparer. Ce n’est pas une faiblesse. C’est ce qui reste encore du concept d’humanité !