juillet 6, 2022

Trafic d’enfants: Dieu-Merci Kitambo charge Julienne Mpemba

Ces deux derniers jours une interview de Julienne Mpemba circule dans l’espace médiatique national. La précitée se présente en victime d’une instrumentalisation monumentale. Outré par cette sortie médiatique, Dieu-Merci Kitambo, co-fondateur de l’ONG « Planète Junior – Les Amis de la Paix » est passé dans notre rédaction pour donner une toute autre version des faits.

ABCOMMUNICATION : Bonjour monsieur et pouvez-vous un peu nous parler de vous ?

DIEU – MERCI KITAMBO : Je me nomme Dieu-Merci Kitambo, je suis le co-fondateur de l’ONG « Planète Junior – Les Amis de la Paix. »

ABC : En quel titre connais-tu Mme Julienne Mpemba ?

DMK : Mme Julienne Mpemba, je la connais, puisqu’elle est directrice de l’Orphelinat Tumaïni, qui est ici à Kinshasa. Elle est congolaise naturalisée belge, pour le moment elle est en Belgique

ABC : Comment vous vous êtes connus ?

DMK : En fait elle et moi nous nous sommes connus à travers les réseaux sociaux, facebook. Des fois quand nous réalisons nos activités nous en postons les photos sur les réseaux sociaux, depuis Equateur-Gemena. Elle nous a vu que nous sommes très actifs, en ce qui concerne la protection des enfants, c’est ainsi qu’elle est directement entrée en contact avec moi.

ABC : Et comment en est-on arrivé à ce que tu viennes jusqu’ici à Kinshasa ?

 DMK : Bon, en fait, venir à Kinshasa c’était sur Son invitation à elle. Quand elle m’a contacté pour nouer un partenariat, elle en a profité pour m’appeler de venir ici à Kinshasa avec 4 enfants afin qu’ils viennent y passer une colonie des vacances de juste un mois.

ABC : Les enfants de votre ONG ?

DMK : Voilà, parce que nous, nous sommes une ONG, mais nous n’hébergeons pas des enfants qui habitent chez leurs tuteurs, leurs parents, bien sûr. Alors, comme elle se montrait « bienveillante », puis travaillait dans le même secteur que nous, comme ça les enfants viennent en vacances à Kinshasa, en même temps que nous, nous allons en profiter pour signer un contrat avec elle. C’est comme ça qu’elle a envoyé l’argent de billet de transport à travers André Kundo, son chauffeur. Et nous sommes venus à Kinshasa. Et c’est son chauffeur qui est venu nous prendre une fois à l’aéroport. L’on nous a amené au Centre, à l’orphelinat sur Bandal Moullaert où les enfants seront hébergés alors que moi je logeais à l’hôtel où c’est elle (Julienne) payait chaque nuitée. Elle était en Belgique, puis deux semaines après elle était venue à Kinshasa. A son arrivée lui et moi nous nous rencontrés dans un restaurant, et je lui ai demandé ce qu’il en était du partenariat, et elle me demanda de garder mon calme, en même temps me demanda si jamais avec moi un modèle-type de partenariat, ce à quoi je lui répondis que je n’en avais pas sur moi, et ce n’était pas là le lieu approprié pour amener ces genre de document, elle répliqua qu’elle me recevra bien dans son bureau pour en parler. Il s’est fait qu’on ne s’était plus revu, et, dans les entrefaites elle retourna en Belgique. Et on dépassa le mois prévu pour le séjour, et je commençai à lui faire comprendre que nous devons retourner à Gemena car j’y ai des responsabilités, j’y travaille, en plus, les enfants doivent étudier. Elle me d’attendre, elle serait en train de chercher pour nous acheter le billet retour. Et, une semaine après, elle était encore revenu à Kinshasa. Quand elle a senti que lu mettais trop de pression elle usa d’une ignoble astuce pour me faire arrêter à l’ANR de l’avenue Haut Commandement qui est situé juste derrière l’Institut Supérieur de Commerce : il envoya son chauffeur venir me prendre comme quoi elle avait que je parte pour qu’on échangea, une fois que j’arrivai sur place, or c’était le bureau de l’ANR. On m’y tortura et m’y intimida comme pas possible.

ABC : Tout ça s’est passé quelle année ?

DMK : Tout ça c’était en 2016, or, pendant ce temps elle se préparait à acheminer certains de nos enfants en Belgique. A l’ANR on me libéra le même jour vers 18h. Frustré que j’étais, je ne savais plus retourner à l’hôtel où j’étais logé car c’est elle (Julienne Mpemba) qui en payait les frais. De là je me refugiai chez une connaissance à moi qui vivait à Bandal. Et elle retourna de nouveau en Belgique. Mais, de loin je continuai de lui mettre la pression, et j’étais sans ignorer que nos enfants étaient déjà en Belgique. Je tentais vainement d’aller voir les enfants à l’orphelinat, mais je n’étais pas autorisé d’y accéder. Peu après j’ai eu à tomber sur une émission de Radio Okapi axé autour du trafic d’enfants, et à la fin, l’intervenant, qui était d’une ONG avait donné ses coordonnées. C’est ainsi que je le contactai, on se vit, et je lui soumis mes tourments. Ensemble avec cette ONG nous sommes donc descendu introduire une plainte à la police qui nous intégra lors d’un raid vers l’orphelinat. C’est alors que nous découvrîmes que sur nos quatre enfants, il n’en restait qu’un seul, les trois autres fillettes n’y était plus, c’est par là que l’on nous informa qu’elles étaient déjà acheminées en Belgique. Les forces de la police récupérèrent l’enfant et nous firent comprendre qu’elles n’avaient pas où héberger le petit garçon, c’est ainsi que la garde momentané de cet enfant fut confié à l’ONG qui nous facilitait, jusqu’à ce le garçon put rentrer à Gemena pendant que les trois autres se trouvaient en Belgique, sous une fausse adoption. Et, l’ONG qui m’accompagnait m’aida de porter plainte contre elle (Julienne Mpemba) au parquet. Et, partout où l’on passait l’on m’auditionnait, mais je ne vous le dit pas, cette dame est d’un impressionnant réseau, elle était connu presque partout, ce qui faisait toujours blocage aux différentes procédures judiciaires que nous enclenchions. Et, c’est de là que nous vint l’idée de risquer une autre procédure, mais cette fois-là via l’ambassade belge, pour le parquet fédéral belge qui s’affaira d’abord à localiser les enfants pour finalement arrêter Julienne Mpemba en Belgique pour trafic d’enfants. Les trois enfants congolaises en provenance de Gemena en RDC avaient bel et bien été trafiqués car ayant connu une fausse adoption. Julienne Mpemba fit donc la prison jusqu’à ce qu’elle sollicita une liberté provisoire. Des journalistes belges ayant tombés sur les éléments du dossier me contactèrent de là pour solliciter de venir enquêter sur place ici en RDC sur cette affaire. Ils sont arrivés ici à Kinshasa et nous sommes partis ensemble jusqu’à Gemena où ils purent effectivement voir les parents biologiques des fillettes et ils furent quantités de reportages à propos. Nous prîmes donc le vol retour de Kinshasa. A l’atterrissage, c’est au pied d’avion que les agents de l’ANR nous appréhendent moi et les 3 journalistes belges.

ABC : Là c’était en quelle année ?

DMK : C’était le 24 avril 2017. Nous passâmes toute cette journée aux installations de l’ANR, et c’est au deuxième jour que, suite aux pressions des diplomates belges que l’on relaxa les trois journalistes. Et, c’est ainsi que je reste moisir dans les locaux de l’ANR. J’étais comme l’élément gênant dans cette affaire et cette dame (Julienne Mpemba) pesa de tout son réseau de connaissances haut placées pour m’écraser. Il vint même une commission rogatoire belge qui écrivit à l’ANR pour m’interroger, ils vinrent vers moi et, au Palais de la Justice je passai toute la journée en interrogatoire. Et la commission rogatoire de demander à l’ANR les raisons réelles de mon incarcération, ils répondirent que j’y étais juste pour raison d’enquête et que je n’allais pas tarder à être libéré. Ce qui étais faux, car je devais y rester pour un total d’une année et deux mois. Et par la suite l’ANR m’a transféré au Centre Pénitentiaire de Rééducation de Kinshasa (CPRK) où je devais encore passer 8 mois supplémentaires. Mais l’avantage avec le CPRK, en tant prison normale j’ai dû finalement avoir droit à un procès d’où mon innocence fut établie de façon éclatant et c’est ainsi que je regagnai ma liberté. Mais, malgré mon acquittement, je continuais toujours à recevoir menaces et intimidations car beaucoup de nos autorités de l’époque étant impliquées de près ou de loin, mais notre justice locale n’a jamais daigné les entendre, en Belgique au contraire, 9 leurs autorités impliquées d’une manière ou d’une autre dans ce réseau de trafic furent interpellées puis arrêtées. Mais, subitement aujourd’hui je lis l’interview de Julienne Mpemba à travers les médias et je constate combien elle est agitée, et je comprends qu’elle s’agite pour rien, et puis elle cherche à se racheter devant la communauté tant nationale qu’internationale par ce que beaucoup de gens se sont laissés avoir dans ses combines d’adoption jusqu’à ce qu’elle ait opéré l’adoption de plus d’une trentaine d’enfants à l’étranger, et je me demande si tous ces enfants sont réellement passés par les procédures normales d’adoption. Donc nous ne comprenons pas vraiment le mobile de son actuelle agitation médiatique. Quand elle dit que sa procédure judiciaire n’est que montage contre elle, vous amis des médias qui avez publié qu’elle est innocente, dites-lui qu’elle vous donne au moins la situation des trois fillettes en provenance de Gemena, comment se sont-elles retrouvées en Belgique ?

ABC : Est-ce que nous pouvons connaître les noms de ces enfants, ainsi que leurs âges ?

DMK : Les enfants se prénommaient : Samira, Jaelle et Jaketu, la moins âgée avait à l’époque 5-6 ans. En plus, une fois en Belgique, elle a eu à changer les identités de toutes ces enfants jusqu’à ce qu’elles-mêmes ont oublié jusqu’aux noms leurs donnés par leurs parents biologiques… Que Julienne Mpemba ne soit pas trop agitée, la justice belge instruit ce dossier selon toutes les règles.

Depuis les premiers jours de cette affaire nous avions toujours agi dans la discrétion la plus totale, c’est ainsi que nous n’en avions jamais parlé à la presse, mais maintenant que nous sommes en droit de réagir dans les médias, que nos autorités congolaises assurent donc notre sécurité, ainsi celle des ONGs  qui m’accompagnent dans ce combat.

                                                             Propos recueillis par Freddy Kabeya